Pubalgie : quels traitements, et pourquoi l’EMS peut changer la donne en réathlétisation ?
En bref : la pubalgie se soigne, mais rarement avec du repos seul. Les traitements qui fonctionnent reposent sur une reprise active et progressive : renforcement des adducteurs, des obliques et des fessiers, puis retour au geste sportif. L’électrostimulation (EMS) permet de renforcer tout cela sans surcharger la zone douloureuse. C’est l’un des outils que j’utilise pour accélérer une réathlétisation.

Vous avez mal à l’aine, au bas du ventre, parfois jusqu’à l’intérieur de la cuisse. Ça tire à l’échauffement, ça se calme un peu, et ça revient dès que vous accélérez, changez de direction ou frappez dans le ballon. Si ça vous parle, vous êtes probablement en pleine pubalgie, et vous avez déjà entendu « mettez-vous au repos ».
Je suis préparateur physique (master 2 en préparation physique, mentale et réathlétisation, 15 ans de terrain), et la pubalgie fait partie des blessures que j’accompagne et qui est compliqué à traiter, car contrairement à d'autres blessures comme un LCA par exemple on ne sait pas combien de temps cela va prendre. Voici ce que j’ai appris, sans jargon inutile.
C’est quoi, exactement, une pubalgie ?
La pubalgie est une douleur de la région du pubis et de l’aine, très fréquente chez les sportifs qui courent, sprintent, changent de direction ou frappent : football, rugby, handball, hockey, running (trail), tennis.
Le terme est pratique, mais il recouvre plusieurs réalités. Un consensus international (l’accord de Doha, 2015) distingue plusieurs causes de douleur d’aine chez le sportif : liée aux adducteurs, au psoas, à la paroi inguinale, au pubis ou à la hanche. D’où l’intérêt d’un vrai diagnostic médical avant de commencer quoi que ce soit.
Pour quelles raison ?
Le pubis est un carrefour. Les adducteurs (intérieur de cuisse) tirent vers le bas. Les abdominaux, droits et obliques, tirent vers le haut. Quand ces forces ne s’équilibrent plus, la symphyse pubienne et ses insertions encaissent les tensions. Chaque sprint, chaque changement d’appui peuvent accentuer les contraintes et un eventuel déséquilibre.
Les facteurs qui reviennent le plus souvent dans mes bilans :
une sangle abdominale (surtout les obliques) qui ne stabilise plus bien le bassin ;
des adducteurs puissants mais mal coordonnés avec le reste de la chaîne ;
une mobilité de hanche limitée, surtout en rotation ;
des fessiers peu sollicités ;
une charge d’entraînement qui a grimpé trop vite.
Les traitements de la pubalgie : ce qui marche / ce qui déçoit
Consulter d’abord
Médecin du sport, kiné ou chirurgien : le premier réflexe est de faire poser un diagnostic, avec imagerie si nécessaire. Je travaille en complément de ce parcours, jamais à sa place. Si votre médecin détecte une hernie ou une atteinte qui relève de la chirurgie, c’est lui qui décide.
Le repos seul : rarement suffisant
Le repos calme la douleur, mais il ne corrige aucun déséquilibre. Même s'il est nécessaire de faire diminuer l'inflammation, ce n'est pas la solution. Presque systématiquement la douleur revient après un simple repos, ce qui est important c'est de travailler là où il n'y a pas de douleur pour rééquilibrer les chaines.
La rééducation active : le socle
L’étude de référence de Hölmich (The Lancet, 1999) a montré qu’un programme d’entraînement actif, centré sur les adducteurs et la stabilité du tronc et du bassin, donnait de bien meilleurs résultats qu’un traitement passif chez des sportifs souffrant de douleurs d’aine chroniques. Les recommandations actuelles restent dans cette logique : charger progressivement, au lieu d’attendre que ça passe.
Les traitements d’appoint
Thérapie manuelle, ondes de choc, infiltrations, chirurgie dans certains cas : ces options existent, avec des indications précises et un avis médical. Elles soulagent parfois, mais ne remplacent pas la remise en force du système.
La réathlétisation : le chaînon qui manque
La réathlétisation est la phase entre « je n’ai plus mal au quotidien » et « je rejoue sans appréhension ». C’est là que beaucoup de sportifs rechutent, parce que le corps a retrouvé le calme sans avoir retrouvé la capacité à encaisser la charge.
Ma progression type, adaptée à chaque personne :
Calmer et stabiliser : respiration, gainage actif, isométriques sans douleur.
Reconstruire l'endurance & la force : adducteurs, obliques, fessiers, ischios, avec des charges progressives.
Réintégrer du travail plus spécifique à l'activité : rotations, appuis unipodaux, transferts de force.
Réintroduire la vitesse : accélérations, changements de direction, frappes.
Valider le retour terrain avec des critères objectifs : absence de douleur, symétrie de force, tolérance à la charge, confiance dans le geste.
Pas de calendrier magique : selon l’ancienneté de la douleur et votre sport, cela peut prendre de plusieurs semaines à plusieurs mois, il est nécessaire de ne pas bruler les étapes pour éviter les risques de rechute.
Les avantages de l’EMS dans la réathlétisation de la pubalgie
L’EMS (électrostimulation musculaire) envoie des impulsions qui reproduisent le signal naturel du système nerveux et déclenchent une contraction. Ce n’est pas passif : pendant la séance, je vous fais bouger/contracter et je corrige vos postures. Voir comment fonctionne l’EMS.
Pourquoi c’est intéressant sur une pubalgie :
Moins de contraintes sur le pubis. Le muscle travaille fort avec moins de charge externe, ce qui compte quand la zone est inflammée.
Un recrutement musculaire plus profond. L’EMS aide à solliciter des fibres et des stabilisateurs qu’on active mal avec un simple gainage.
Un travail global en 25 minutes. Les groupes musculaires clés (abdominaux, lombaires, fessiers, obliques) sont stimulés en même temps.
Une meilleure conscience du muscle. L’EMS permet une meilleure coordination, et un meilleur recrutement des fibres, ce qui est très utile avant de commencer un travail de force sans risque.
De la confiance. Reprendre des contractions fortes sans douleur redonne confiance, et limite les appréhensions.
L’EMS n’est pas une baguette magique. Les preuves scientifiques les plus solides sur la stimulation musculaire concernent le renforcement en rééducation en général, et les études portant spécifiquement sur la pubalgie restent limitées. C’est un outil de plus dans un programme, pas un traitement à lui seul.
Mon protocole : respiration hypopressive + EMS + renfo des obliques
C’est le cœur de mon accompagnement sur la pubalgie. Je l’ai affiné avec le temps et [plusieurs de mes clients, sportifs de différents niveaux,] ont repris leur activité avec ce fonctionnement. Je ne vous promets pas un résultat identique pour tout le monde, mais voici la logique.
1. La respiration hypopressive. Vous expirez complètement, puis vous maintenez une apnée sans inspirer, en créant une « aspiration » du ventre sous les côtes. Cela sollicite le diaphragme, le transverse et les muscles profonds du plancher pelvien, ceux qui stabilisent le bassin sans le comprimer.
2. L’EMS en simultané. Pendant que vous tenez cette respiration, la stimulation vient renforcer la contraction de la sangle abdominale et des muscles du bassin. Vous apprenez à gainer vraiment, avec un retour musculaire que le corps n’obtient pas seul au début.
3. Le renforcement des obliques. Les obliques sont les grandes oubliées de la pubalgie. Elles stabilisent le bassin dans les rotations et transmettent la force d’une jambe à l’autre. Je les travaille en isométrique, puis en anti-rotation, puis en mouvement, toujours sous le seuil de douleur.
Résultat recherché : un bassin plus stable, des adducteurs soulagés, et un geste sportif qui retrouve de la fluidité. L’hypopressif seul reste un outil discuté dans la littérature, et c’est précisément sa combinaison avec l’EMS et le renfo qui fait la cohérence du protocole.

À domicile ou sur le terrain : je viens à vous
Je me déplace avec mon matériel chez vous à Lyon et en périphérie (Caluire-et-Cuire, Écully, Tassin, Sainte-Foy-lès-Lyon, Oullins…), ou directement sur votre terrain d’entraînement si c’est utile pour retravailler les gestes spécifiques : appuis, courses, frappes.
Pas de trajet, pas de salle, et une réathlétisation faite dans les conditions réelles de votre sport. C’est la même logique que pour mes accompagnements de retour de blessure.
Mes conseils si vous avez une pubalgie en ce moment
Faites-vous examiner avant de bricoler un programme.
Gardez de l’activité sans douleur : vélo doux, haut du corps, gainage adapté.
Évitez les étirements agressifs des adducteurs en phase irritée.
Ne reprenez pas la vitesse avant d’avoir retrouvé la force.
Travaillez votre mobilité, en particulier les hanches.
Questions fréquentes sur la pubalgie
Combien de temps dure une pubalgie ?
Cela dépend de l’ancienneté de la douleur et de la prise en charge. Une pubalgie récente et bien accompagnée peut se résoudre en quelques semaines, une forme chronique demande souvent plusieurs mois de travail progressif.
L’EMS peut-il guérir une pubalgie ?
Non, aucun outil ne « guérit » seul. L’EMS renforce les muscles stabilisateurs avec moins de contraintes sur la zone douloureuse, ce qui accélère la réathlétisation quand il est intégré à un programme complet.
Peut-on continuer le sport avec une pubalgie ?
Souvent oui, en adaptant : on supprime les gestes qui déclenchent la douleur (sprint, frappe, changements de direction) et on garde ce qui est toléré. Un avis médical reste indispensable.
Quels exercices éviter ?
Les étirements forcés des adducteurs, les relevés de jambes lourds et tous les mouvements qui reproduisent la douleur pendant la phase aiguë.
Faut-il opérer une pubalgie ?
Rarement en première intention. La chirurgie est envisagée si un programme actif bien conduit échoue ou si un diagnostic précis l’indique. C’est une décision médicale.
Intervenez-vous partout autour de Lyon ?
Oui, à domicile ou sur terrain, dans la plupart des communes proches de Lyon. En cas de doute sur votre secteur, contactez-moi.
Vous avez une pubalgie ? Parlons-en
Je propose un bilan offert de 15 minutes, en appel ou en visio. On fait le point sur votre blessure, votre sport et vos objectifs, et on voit si mon protocole a du sens pour vous. Aucun engagement. Selon votre situation, la prestation à domicile peut ouvrir droit à un crédit d’impôt immédiat.
Vous pouvez aussi découvrir mon parcours ou lire mes autres articles.
Sources : Hölmich P. et al., « Effectiveness of active physical training as treatment for long-standing adductor-related groin pain in athletes », The Lancet, 1999 ; Weir A. et al., « Doha agreement meeting on terminology and definitions in groin pain in athletes », British Journal of Sports Medicine, 2015. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical.




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